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La loi du 6 juillet 1989, officiellement loi n° 89-462 « tendant à améliorer les rapports locatifs », organise la location de logements d'habitation en France. Elle fixe les règles du contrat, du loyer, du dépôt de garantie, de la durée du bail et du congé. Elle définit aussi les obligations réciproques du propriétaire et du locataire.
Que vous mettiez un logement en location ou que vous en cherchiez un, c'est ce texte qui répond à la plupart de vos questions. On l'appelle aussi plus simplement « loi de 1989 ». Elle a été modifiée à de nombreuses reprises depuis son adoption. Pour savoir ce qui s'applique aujourd'hui à un bail, il faut donc consulter sa version consolidée, qui intègre toutes les modifications en vigueur.
La loi s'organise en plusieurs grandes parties :
Pour un bailleur, la loi est un mode d'emploi : ce qu'il doit remettre, ce qu'il peut demander et à quel moment. Pour un locataire, elle garantit une stabilité et des protections qui ne peuvent pas lui être retirées par contrat.
La loi de 1989 est surnommée « loi Mermaz » en référence à Louis Mermaz, homme politique associé à son adoption sous le gouvernement de Michel Rocard. On parle aussi parfois de loi Mermaz-Malandain. Elle a succédé à deux textes qui encadraient déjà les locations : la loi Quilliot de 1982, puis la loi Méhaignerie de 1986.
La loi Méhaignerie avait assoupli le cadre des locations, notamment en matière de loyers. La loi de 1989 a cherché à rééquilibrer les rapports entre propriétaires et locataires. Elle a posé une durée minimale de bail, un congé obligatoirement motivé et un encadrement de l'évolution des loyers. Plus de trente ans après, ce socle reste en place, enrichi par les réformes successives.
Oui. L'article 2 de la loi précise que ses dispositions sont d'ordre public. Le bailleur et le locataire ne peuvent donc pas y déroger par contrat, même d'un commun accord, sauf quand le texte le prévoit lui-même. Une clause contraire est réputée non écrite : le bail reste valable, mais la clause ne produit aucun effet.
Deux exemples pour illustrer cela :
La loi de 1989 s'applique aux logements loués comme résidence principale du locataire, c'est-à-dire occupés au moins huit mois par an. Elle couvre la location vide (titre Ier), la location meublée (titre Ier bis, créé par la loi ALUR en 2014) et le bail mobilité (titre Ier ter, créé par la loi ELAN en 2018).
Elle concerne les locaux à usage d'habitation et les locaux à usage mixte, professionnel et d'habitation. Elle couvre aussi les garages, places de stationnement, jardins et autres locaux loués accessoirement au logement par le même bailleur. La durée de huit mois peut ne pas être atteinte en cas d'obligation professionnelle, de raison de santé ou de force majeure. L'occupation peut être celle du locataire, de son conjoint ou d'une personne à sa charge.
Chaque type de bail a ses propres règles :
Les locations qui ne sont pas la résidence principale du locataire ne relèvent pas de la loi de 1989 : location saisonnière, résidence secondaire. Sont aussi exclus, en tout ou partie, les logements de fonction, les logements-foyers et, en principe, les logements loués à une société. Ces contrats relèvent du code civil ou d'autres règles.
Le cas des logements sociaux demande de la prudence. Les logements HLM et les logements conventionnés relèvent en partie de la loi de 1989. Plusieurs de ses articles ne s'y appliquent pas ou s'y appliquent de façon adaptée (article 40 de la loi), et le Code de la construction et de l'habitation ajoute ses propres règles. Pour une situation précise, le plus sûr est d'interroger son bailleur social ou l'ADIL de son département.
Si votre location ne relève pas de la loi de 1989, notre article sur les baux qui relèvent d'un autre régime juridique présente le cadre applicable.
Le tableau ci-dessous récapitule, pour chaque type de location, si la loi de 1989 s'applique et quel régime juridique prend le relais.
| Type de location | Soumise à la loi de 1989 ? | Régime applicable |
|---|---|---|
| Logement vide, résidence principale | Oui | Titre Ier |
| Logement meublé, résidence principale | Oui, depuis la loi ALUR (2014) | Titre Ier bis (articles 25-3 et suivants) |
| Bail mobilité | Oui, depuis la loi ELAN (2018) | Titre Ier ter (articles 25-12 et suivants) |
| Colocation, résidence principale | Oui | Règles du bail vide ou meublé, et article 8-1 |
| Location saisonnière | Non | Code civil et Code du tourisme |
| Résidence secondaire | Non | Code civil |
| Logement de fonction | Non, pour l'essentiel | Contrat de travail ou convention d'occupation |
| Logement-foyer | Non, sauf quelques articles | Code de la construction et de l'habitation |
| Logement social (HLM, conventionné) | En partie, avec des adaptations | Loi de 1989 (article 40) et Code de la construction et de l'habitation |
| Logement loué à une personne morale | Non, en principe | Code civil |
Les chiffres essentiels de la loi de 1989 sont les suivants :

Le tableau ci-dessous réunit ces repères par type de bail, avec l'article correspondant.
| Règle | Location vide | Location meublée | Bail mobilité | Article |
|---|---|---|---|---|
| Durée minimale | 3 ans (bailleur personne physique), 6 ans (personne morale) | 1 an reconductible, 9 mois non reconductible pour un étudiant | 1 à 10 mois, non renouvelable | 10, 25-7, titre Ier ter |
| Dépôt de garantie maximum | 1 mois de loyer hors charges | 2 mois de loyer hors charges | Interdit | 22, 25-6, titre Ier ter |
| Restitution du dépôt | 1 mois si état des lieux conforme, 2 mois sinon | 1 mois si état des lieux conforme, 2 mois sinon | Sans objet | 22 |
| Pénalité de retard de restitution | 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé | 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé | Sans objet | 22 |
| Préavis du locataire | 3 mois, ou 1 mois en zone tendue et dans les cas prévus par la loi | 1 mois | 1 mois | 15, 25-8, titre Ier ter |
| Congé donné par le bailleur | 6 mois avant l'échéance, avec un motif légal | 3 mois avant l'échéance, avec un motif légal | Pas de congé : le bail prend fin à son terme | 15, 25-8 |
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Les articles les plus consultés de la loi du 6 juillet 1989 portent sur le contrat (articles 3 à 5), les obligations des parties (6 à 8-1), la durée et la fin du bail (10 à 15), le loyer (17 à 17-2), le dépôt de garantie (22), les garanties (22-1), les charges (23), la clause résolutoire (24), le meublé et le bail mobilité.
| Article | Thème | Ce qu'il dit en une phrase |
|---|---|---|
| Art. 1 | Droit au logement | Le droit au logement est un droit fondamental et aucune location ne peut être refusée pour un motif discriminatoire. |
| Art. 2 | Champ d'application | La loi vise la résidence principale du locataire et ses règles sont d'ordre public. |
| Art. 3 | Contrat de location | Le bail est écrit, suit un contrat type et comporte des mentions obligatoires. |
| Art. 3-2 | État des lieux | Un état des lieux contradictoire est établi à l'entrée et à la sortie. |
| Art. 3-3 | Diagnostics | Un dossier de diagnostics techniques est annexé au bail. |
| Art. 4 | Clauses abusives | La loi dresse la liste des clauses réputées non écrites. |
| Art. 5 | Frais d'agence | Seules quatre prestations peuvent être facturées au locataire, dans la limite d'un plafond. |
| Art. 6 | Obligations du bailleur | Le bailleur fournit un logement décent et garantit une jouissance paisible. |
| Art. 7 | Obligations du locataire | Le locataire paie, use paisiblement, entretient le logement et s'assure. |
| Art. 8 et 8-1 | Sous-location, colocation | La sous-location exige l'accord écrit du bailleur et la solidarité entre les colocataires est encadrée. |
| Art. 10 | Durée du bail | La durée minimale est de 3 ans (personne physique) ou 6 ans (personne morale), avec reconduction tacite. |
| Art. 11 | Durée réduite | Un bail d'au moins un an est possible si un événement précis justifie une reprise. |
| Art. 12 | Résiliation par le locataire | Le locataire peut résilier le bail à tout moment. |
| Art. 15 | Congé | La loi fixe les délais et les formes du congé, ainsi que les trois motifs de congé du bailleur. |
| Art. 17 | Fixation du loyer | Le loyer est fixé librement, sauf en zone tendue et dans les villes où les loyers sont encadrés. |
| Art. 17-1 | Révision du loyer | La révision annuelle suit l'indice de référence des loyers (IRL), si le bail la prévoit. |
| Art. 17-2 | Réévaluation | Au renouvellement, le loyer n'est réévalué que s'il est manifestement sous-évalué. |
| Art. 21 | Quittance | La quittance est remise gratuitement au locataire qui la demande. |
| Art. 22 | Dépôt de garantie | La loi fixe le plafond, les délais de restitution et la pénalité de retard. |
| Art. 22-1 | Caution | La loi encadre l'acte de cautionnement et son cumul avec une assurance loyers impayés. |
| Art. 23 | Charges locatives | Seules les charges figurant sur une liste fixée par décret sont récupérables. |
| Art. 24 | Clause résolutoire | Le bail prend fin de plein droit en cas d'impayé, après une procédure encadrée. |
| Art. 25-3 et suivants | Bail meublé | Ces articles forment le régime du meublé de résidence principale (titre Ier bis). |
| Art. 25-12 et suivants | Bail mobilité | Ces articles organisent un bail meublé de 1 à 10 mois, sans dépôt de garantie (titre Ier ter). |
Ces deux articles déterminent si une location est concernée par la loi de 1989 :
L'article 3 impose un bail écrit, conforme à un contrat type défini par décret. Il liste les mentions obligatoires : identité des parties, date de prise d'effet, durée, description du logement et de ses équipements, surface habitable, loyer et modalités de paiement, règles de révision et montant du dépôt de garantie.
Plusieurs documents doivent être joints au bail :
L'article 3-1 complète ce dispositif. Si la surface habitable réelle est inférieure de plus d'un vingtième à celle indiquée dans le bail, le locataire peut demander une baisse du loyer proportionnelle à l'écart.
Pour vérifier qu'un bail est complet, consultez notre article sur le contenu obligatoire d'un contrat de location. Les contrats types sont mis à jour pour les baux conclus ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026. Nous détaillons ce point dans notre article sur le nouveau contrat de location 2026.
L'article 3-2 impose un état des lieux à l'entrée et à la sortie du logement. Il est établi de façon contradictoire par le bailleur et le locataire, ou par un tiers qu'ils mandatent. Si les parties ne s'accordent pas, un commissaire de justice peut l'établir, et les frais sont alors partagés par moitié. Ce document sert de référence en fin de bail.
Le locataire peut demander à compléter l'état des lieux d'entrée dans les 10 jours qui suivent son établissement. Pour le chauffage, il peut le faire pendant le premier mois de la période de chauffe. En fin de bail, c'est la comparaison entre les deux états des lieux qui justifie, ou non, une retenue sur le dépôt de garantie. Pour bien préparer ces deux étapes, consultez nos articles sur les formalités qui encadrent l'entrée dans le logement et sur les formalités de sortie du logement.
L'article 3-3 oblige le bailleur à annexer au bail un dossier de diagnostics techniques. Il comprend notamment le diagnostic de performance énergétique, le constat de risque d'exposition au plomb pour les logements anciens et l'état des risques. S'y ajoutent les états des installations intérieures d'électricité et de gaz lorsqu'elles ont plus de quinze ans.
Selon la situation du logement, d'autres éléments peuvent s'ajouter, comme des informations sur l'amiante ou sur le bruit à proximité d'un aérodrome. Ce dossier permet au locataire de connaître l'état du logement et les risques auxquels il est exposé avant de s'engager. La liste complète et la durée de validité de chaque document sont présentées dans notre article sur les documents techniques à annexer au contrat.
L'article 4 liste les clauses réputées non écrites dans un bail d'habitation. Une clause interdite ne rend pas le bail nul, elle est simplement privée d'effet. La liste comprend par exemple l'obligation de souscrire l'assurance choisie par le bailleur, les pénalités automatiques de retard ou l'interdiction d'héberger des proches.
La liste compte une vingtaine de clauses. Elle interdit aussi d'imposer le prélèvement automatique comme seul mode de paiement ou de facturer l'envoi des quittances. Pour savoir ce qu'un bail peut prévoir ou non, consultez notre article sur le détail des clauses interdites dans un bail.
L'article 5 encadre les honoraires des agences lors de la mise en location. Seules quatre prestations peuvent être facturées en partie au locataire :
Sa part ne peut pas dépasser celle du bailleur et elle est plafonnée par mètre carré de surface habitable.
Les plafonds sont fixés par décret. Ils varient selon que le logement se trouve en zone très tendue, en zone tendue ou ailleurs, et l'état des lieux a son propre plafond. Les autres frais, comme la recherche du locataire ou la négociation, restent entièrement à la charge du bailleur. Pour éviter les erreurs de calcul, consultez notre article sur la répartition des frais facturés lors de la mise en location.
L'article 6 impose au bailleur de remettre un logement décent. Le logement ne doit présenter aucun risque pour la sécurité ou la santé, doit être doté des équipements habituels et atteindre un niveau minimal de performance énergétique. Le bailleur doit ensuite assurer au locataire une jouissance paisible, entretenir le logement et faire les réparations autres que locatives.
Les critères de décence sont précisés par décret. Depuis la loi Climat et Résilience, ils comprennent un seuil de performance énergétique qui se durcit progressivement. Le bailleur ne peut pas non plus s'opposer aux aménagements réalisés par le locataire, tant qu'ils ne transforment pas le logement. Si le logement n'est pas décent, le locataire peut demander sa mise en conformité, puis saisir la commission départementale de conciliation ou le juge.
L'article 7 fixe les obligations du locataire. Il doit payer le loyer et les charges aux échéances prévues, user paisiblement du logement et répondre des dégradations survenues pendant la location. Il assure l'entretien courant et les menues réparations, ne transforme pas les lieux sans accord écrit, laisse faire certains travaux et s'assure contre les risques locatifs.
Les réparations locatives sont précisément listées par décret : entretien des joints, remplacement des ampoules, débouchage des canalisations, entre autres. Le locataire ne répond pas des dégradations dues à la vétusté, à une malfaçon, à la force majeure ou au fait d'un tiers qu'il n'a pas introduit dans le logement. Pour l'assurance, il remet une attestation à la remise des clés, puis chaque année à la demande du bailleur.
L'article 8 interdit au locataire de céder son bail ou de sous-louer sans l'accord écrit du bailleur. Ce dernier doit aussi valider le prix : le loyer au mètre carré demandé au sous-locataire ne peut pas dépasser celui payé par le locataire principal. L'article 8-1 organise la colocation, en particulier la clause de solidarité entre colocataires.
Avec une clause de solidarité, chaque colocataire peut être tenu de payer la totalité du loyer. Quand l'un d'eux donne congé, sa solidarité prend fin dès qu'un nouveau colocataire figure au bail, et au plus tard six mois après la date d'effet du congé. Pour aller plus loin, consultez notre article sur les spécificités d'une location partagée.
L'article 10 fixe la durée minimale du bail vide à 3 ans si le bailleur est une personne physique (un particulier ou une SCI familiale, par exemple), et à 6 ans s'il s'agit d'une personne morale. L'article 11 autorise un bail plus court, d'au moins un an, lorsqu'un événement précis justifie la reprise du logement pour des raisons professionnelles ou familiales.
Si aucune des parties ne donne congé, le bail est reconduit tacitement pour la même durée : 3 ou 6 ans. Il peut aussi être renouvelé par une offre expresse. Dans le cas d'un bail de durée réduite, le bailleur doit confirmer l'événement au moins deux mois avant le terme. À défaut, ou si l'événement ne se réalise pas, le bail est réputé conclu pour 3 ans. Pour comprendre ce qui se passe à l'échéance, consultez nos articles sur les règles de reconduction d'un contrat de location et sur la situation d'un locataire présent depuis de longues années.
L'article 15 encadre la fin du bail à l'initiative de chaque partie. Le bailleur doit donner congé au moins 6 mois avant l'échéance, pour reprendre le logement, le vendre ou pour un motif légitime et sérieux. Le locataire, qui peut résilier à tout moment, doit respecter un préavis de 3 mois, réduit à 1 mois dans certains cas.
Selon l’article 17, le loyer est fixé librement à la signature, avec deux exceptions : les zones tendues, où la hausse entre deux locataires est limitée, et les villes qui appliquent l'encadrement des loyers.
La révision a lieu au plus une fois par an, à la date prévue au bail ou à sa date anniversaire. Le bailleur dispose d'un an pour la demander, et la révision n'a pas d'effet rétroactif. La réévaluation au renouvellement n'est possible que si le loyer est manifestement sous-évalué. Le bailleur doit alors la proposer au moins six mois avant le terme, en s'appuyant sur des loyers de référence du voisinage, et la hausse est étalée dans le temps. Depuis le 24 août 2022, les loyers des logements classés F ou G au DPE ne peuvent plus augmenter en France métropolitaine, que ce soit par révision, majoration ou réévaluation.
Pour appliquer ces règles pas à pas, consultez nos articles sur les conditions de révision d'un loyer en cours de bail et sur le dispositif de plafonnement des loyers.
L'article 21 oblige le bailleur à remettre gratuitement une quittance au locataire qui la demande. Elle distingue le loyer et les charges. Si le locataire ne paie qu'une partie de la somme due, le bailleur lui remet un reçu. Avec l'accord du locataire, la quittance peut être envoyée sous forme dématérialisée, par exemple par e-mail.
Aucun frais d'établissement ou d'envoi ne peut être facturé, et une clause qui en prévoirait serait réputée non écrite (article 4). La quittance sert de preuve de paiement au locataire, notamment pour constituer un dossier de location par la suite.
L'article 22 plafonne le dépôt de garantie à 1 mois de loyer hors charges pour une location vide. Le bailleur le restitue sous 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, sous 2 mois dans le cas contraire, après déduction des sommes justifiées. Tout retard entraîne une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois commencé.
Le dépôt de garantie ne produit pas d'intérêts. Le plafond est de 2 mois en meublé (article 25-6), et aucun dépôt ne peut être demandé en bail mobilité. Les retenues possibles, les cas particuliers comme la copropriété et les recours sont détaillés dans notre article sur les règles de versement et de restitution de cette somme.
L'article 22-1 encadre le cautionnement, c'est-à-dire l'engagement d'un proche ou d'un organisme à payer à la place du locataire défaillant. Un bailleur qui a souscrit une assurance contre les loyers impayés ne peut pas exiger en plus une caution. La loi prévoit une exception quand le locataire est étudiant ou apprenti.
L'acte de cautionnement doit notamment indiquer le montant du loyer et ses conditions de révision, et la caution reçoit un exemplaire du bail. Le bailleur ne peut pas refuser une caution au motif qu'elle n'a pas la nationalité française ou qu'elle ne réside pas en métropole. Pour comprendre les engagements de chacun, consultez notre article sur le mécanisme de garantie apporté par un tiers.
L'article 23 définit les charges que le bailleur peut récupérer auprès du locataire :
La liste est fixée par décret, et les dépenses qui n'y figurent pas restent à la charge du bailleur.
Les charges sont généralement payées sous forme de provisions mensuelles, suivies d'une régularisation annuelle. Le bailleur communique le décompte par nature de charges un mois avant cette régularisation et tient les justificatifs à disposition du locataire pendant six mois. Si la régularisation n'a pas été demandée avant la fin de l'année civile qui suit l'année d'exigibilité, le locataire peut demander à payer en douze mensualités. Pour savoir ce qui peut être refacturé, consultez notre article sur la liste des charges qui peuvent être facturées au locataire.
L'article 24 organise la clause résolutoire, qui met fin au bail de plein droit en cas de manquement du locataire. Depuis la loi Kasbarian-Bergé de 2023, tout bail soumis à la loi de 1989 doit prévoir cette résiliation en cas de loyers ou de charges impayés, ou de dépôt de garantie non versé. Le locataire dispose de 6 semaines pour régler après un commandement de payer.
Le commandement de payer est délivré par un commissaire de justice. Si la dette n'est pas réglée dans le délai, le bailleur peut demander au juge de constater la résiliation du bail. Le juge peut, sous conditions, accorder des délais de paiement qui suspendent les effets de la clause. Le bail peut aussi prévoir une clause résolutoire en cas de défaut d'assurance ou de troubles de voisinage constatés par une décision de justice. Pour en mesurer les conséquences, consultez notre article sur la clause qui organise la résiliation automatique du bail.
Les articles 25-3 à 25-11 forment le titre Ier bis, créé par la loi ALUR, consacré à la location meublée de résidence principale. Le bail dure au moins 1 an, avec reconduction tacite, ou 9 mois non reconductible pour un étudiant. Le dépôt de garantie peut atteindre 2 mois de loyer hors charges, et le préavis du locataire est de 1 mois.
Un logement est considéré comme meublé s'il comporte au moins les équipements listés par décret, pour que le locataire puisse y vivre normalement (literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, entre autres). Le bailleur peut donner congé au moins 3 mois avant l'échéance, pour les trois mêmes motifs qu'en location vide : reprise, vente ou motif légitime et sérieux. De nombreux articles du titre Ier s'appliquent aussi au meublé (bail écrit, état des lieux, diagnostics, clauses interdites, décence et obligations du locataire).
Les articles 25-12 à 25-18 forment le titre Ier ter, créé par la loi ELAN de 2018, concernant le bail mobilité. Ce bail meublé dure de 1 à 10 mois et n'est pas renouvelable. Il est réservé aux personnes en formation professionnelle, en études supérieures, en apprentissage, en stage, en service civique, en mutation ou en mission temporaire. Aucun dépôt de garantie n'est possible.
La durée peut être modifiée une fois par avenant, à condition que la durée totale ne dépasse pas 10 mois. Le locataire peut partir à tout moment en respectant un préavis d'un mois. Si les parties veulent poursuivre la location au-delà du terme, elles doivent signer un nouveau bail, qui sera alors un bail meublé classique. Faute de dépôt de garantie, beaucoup de bailleurs s'appuient sur une garantie comme Visale, proposée par Action Logement.
Depuis 1989, la loi a été modifiée par plusieurs réformes majeures : la loi ALUR en 2014, la loi ELAN en 2018, la loi Climat et résilience en 2021 et la loi Kasbarian-Bergé en 2023. Il faut y ajouter la loi Le Meur en 2024, qui encadre les meublés de tourisme. Enfin, des contrats types mis à jour s'appliquent aux baux conclus ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026.

| Année | Texte | Ce qu'il a changé pour les baux d'habitation |
|---|---|---|
| 1989 | Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (loi Mermaz) | Création du cadre des rapports locatifs : durée minimale, congé motivé, dépôt de garantie, obligations réciproques. |
| 2014 | Loi ALUR du 24 mars 2014 | Contrat type, plafonnement des frais d'agence, préavis d'un mois en zone tendue, encadrement des loyers, création du titre Ier bis (meublé). |
| 2015 | Décret du 29 mai 2015 | Premiers contrats types obligatoires pour les locations vides et meublées. |
| 2018 | Loi ELAN du 23 novembre 2018 | Création du bail mobilité (titre Ier ter), encadrement des loyers refondu en dispositif expérimental. |
| 2021 | Loi Climat et Résilience du 22 août 2021 | Performance énergétique ajoutée à la décence, calendrier d'interdiction de location des logements G, F puis E, gel des loyers des logements F et G. |
| 2023 | Loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023 | Clause résolutoire obligatoire, délai après commandement de payer réduit de deux mois à six semaines. |
| 2024 | Loi Le Meur du 19 novembre 2024 | Régulation des meublés de tourisme, qui sont hors du champ de la loi de 1989. |
| 2026 | Décret n° 2026-596 | Mise à jour des contrats types pour les baux conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026. |
La loi ALUR du 24 mars 2014 a profondément réécrit la loi de 1989. Elle a créé le contrat type, limité les frais d'agence facturables au locataire, réduit le préavis en zone tendue, instauré l'encadrement des loyers et créé le régime du meublé. Elle a aussi allongé la liste des clauses interdites, précisé les règles de l'état des lieux et limité la retenue sur le dépôt de garantie en copropriété.
La loi ELAN du 23 novembre 2018 a créé le bail mobilité et refondu l'encadrement des loyers en dispositif expérimental. Elle a par ailleurs rendu le DPE opposable.
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a ajouté un critère énergétique à la décence du logement. En France métropolitaine, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être proposés à la location depuis le 1er janvier 2025. Ce sera le cas des logements classés F en 2028, puis des logements classés E en 2034.
Cette interdiction s'applique aux nouveaux baux, ainsi qu'aux renouvellements et aux reconductions de baux en cours. Une première étape existait déjà depuis le 1er janvier 2023 pour les logements les plus énergivores. Depuis le 24 août 2022, les loyers des logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter. Les départements d'outre-mer suivent un calendrier différent. Pour anticiper, consultez nos articles sur les règles de performance énergétique applicables à la location et sur la façon d'organiser des travaux en cours de location.
La loi du 27 juillet 2023, dite loi Kasbarian-Bergé, vise à protéger les logements contre l'occupation illicite et à accélérer le traitement des impayés. Pour les baux relevant de la loi de 1989, elle rend la clause résolutoire obligatoire. Elle réduit aussi de deux mois à six semaines le délai laissé au locataire pour payer après un commandement de payer.
La loi a aussi raccourci certains délais de la procédure judiciaire et encadré plus strictement les délais de paiement que le juge peut accorder. En parallèle, elle a alourdi les sanctions contre le squat, ce qui concerne les occupants sans droit ni titre et non les locataires. Pour réagir au bon moment face à un impayé, consultez notre article sur la marche à suivre en cas de loyer impayé.
La loi Le Meur du 19 novembre 2024 concerne les meublés de tourisme, qui ne relèvent pas de la loi de 1989. Elle donne aux communes de nouveaux outils pour réguler ces locations de courte durée. Elle soumet aussi progressivement ces meublés à des exigences de performance énergétique qui se rapprochent de celles des locations à l'année.
Elle a aussi créé la servitude de résidence principale (article L. 151-14-1 du Code de l'urbanisme), que les contrats types mis à jour en 2026 permettent de viser dans une clause résolutoire facultative. Pour le reste, son effet sur les baux d'habitation est surtout indirect. En rendant la location touristique plus encadrée, elle réduit l'écart de règles avec la location de résidence principale et peut inciter certains propriétaires à revenir vers des baux relevant de la loi de 1989. Un bailleur qui hésite entre les deux formules doit donc comparer deux cadres qui se sont nettement rapprochés.
Le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 met à jour les contrats types annexés au décret du 29 mai 2015, pour les baux conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026. Il y intègre la clause résolutoire obligatoire depuis 2023 et une clause facultative liée à la servitude de résidence principale. Les baux déjà signés ne sont pas modifiés.
Pour un bailleur, il s'agit surtout de vérifier que tout bail signé à partir de cette date suit bien le nouveau modèle, en location vide comme en meublé. Nous détaillons les changements concrets dans notre article sur le nouveau contrat de location 2026.
La loi de 1989 repose sur un équilibre.
Le bailleur doit :
Il remet aussi gratuitement les quittances, justifie les charges récupérées et restitue le dépôt de garantie dans les délais. Pour une vue complète, consultez notre article sur le détail des obligations du bailleur.
Le locataire doit :
Il ne peut ni transformer le logement ni le sous-louer sans l'accord écrit du bailleur.
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Le texte consolidé de la loi, qui intègre toutes les modifications en vigueur, est publié sur Légifrance sous la référence JORFTEXT000000509310.
Service-public.fr propose des fiches pratiques par situation. L'ANIL et son réseau d'ADIL départementales répondent gratuitement aux questions juridiques des bailleurs et des locataires.
Bon à savoir : sur Légifrance, il est possible d'afficher la version d'un article à une date donnée. Cela est utile en cas de litige sur un bail ancien, car c'est en principe la version en vigueur à la signature ou au renouvellement du bail qui s'applique, sauf disposition transitoire contraire.
La loi du 6 juillet 1989 encadre la location de résidences principales, vides, meublées ou en bail mobilité. Elle impose un bail écrit, un état des lieux et des diagnostics. Elle fixe la durée du bail, plafonne le dépôt de garantie, encadre le loyer et le congé, et définit les obligations du bailleur et du locataire. Elle est d'ordre public.
Oui, depuis la loi ALUR de 2014, pour les meublés loués comme résidence principale. Ils relèvent du titre Ier bis (articles 25-3 et suivants) : bail d'un an ou de 9 mois pour un étudiant, dépôt de garantie de 2 mois maximum, préavis locataire d'un mois. Les meublés de tourisme et les résidences secondaires restent en dehors de la loi.
Le bail loi 1989 concerne la résidence principale du locataire et impose des règles protectrices d'ordre public : durée minimale, congé motivé, plafond du dépôt de garantie. Le bail Code civil s'applique aux locations hors de ce champ, comme une résidence secondaire ou un logement loué à une société. Les parties y sont beaucoup plus libres de fixer leurs règles.
Oui. La loi Kasbarian-Bergé de 2023 a rendu la clause résolutoire obligatoire et réduit à six semaines le délai qui suit un commandement de payer. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être loués en métropole. Des contrats types mis à jour s'appliquent aux baux conclus ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026 (décret n° 2026-596).
En zone tendue, le préavis du locataire d'une location vide passe de trois mois à un mois. La hausse du loyer entre deux locataires est limitée par un décret renouvelé chaque année, et le bail doit mentionner le dernier loyer du locataire précédent. Dans les villes qui appliquent l'encadrement des loyers, le loyer ne peut pas dépasser un loyer de référence majoré.
Non. En location vide, le bailleur ne peut donner congé que pour l'échéance du bail, au moins six mois à l'avance, et pour l'un des trois motifs de l'article 15 : reprise pour habiter, vente ou motif légitime et sérieux. En meublé, le délai est de trois mois avant l'échéance.
Les sanctions dépendent de la règle en cause. Une clause interdite est réputée non écrite. Un dépôt de garantie restitué en retard entraîne une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois. Un congé irrégulier peut être annulé, et un congé frauduleux expose à une amende pénale. Un logement non décent peut donner lieu à des travaux ordonnés par le juge et à une baisse du loyer.

