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La condition suspensive de prêt est la clause qui rend un compromis de vente caduc si l'acheteur n'obtient pas son crédit immobilier. Elle est prévue par l'article L313-41 du Code de la consommation et s'applique dès que le compromis mentionne que le prix sera payé, même en partie, avec un prêt immobilier. Sa durée ne peut pas être inférieure à un mois. En cas de refus, toutes les sommes versées par l'acheteur lui sont rendues intégralement, sans retenue possible. Cette protection cesse toutefois de jouer si l'acheteur n'a pas fait de démarches sérieuses auprès des banques.
Quand vous signez un compromis en comptant sur un crédit, vous vous engagez à acheter sans savoir si la banque vous suivra. La condition suspensive de prêt, aussi appelée clause suspensive de prêt, suspend cet engagement jusqu'à l'obtention du financement. Si le prêt est accordé, la vente se poursuit. S'il est refusé, le compromis tombe et vous récupérez votre argent.

Deux caractéristiques la distinguent des autres clauses de l'avant-contrat :
À ne pas confondre avec le droit de rétractation, qui permet de renoncer sans motif dans les dix jours suivant la notification du compromis. La condition suspensive, elle, suppose un refus de la banque.
La clause décrit le financement recherché et cette description sert de référence en cas de litige. Cinq éléments y figurent :
Le taux maximal mérite une attention particulière. Un chiffre inséré par défaut, calé trop bas par rapport au marché, retourne la protection contre l’acheteur. Si les banques ne vous suivent qu'au-dessus de ce plafond, leur refus ne correspond plus à ce que prévoit le compromis. Faites-le vérifier par un courtier avant de signer, en cohérence avec votre taux d'endettement.
Le délai de dépôt de la demande mérite la même vigilance. Son non-respect suffit à faire perdre le bénéfice de la clause. Notez la date dès la signature. Ces points se négocient dès l'offre d'achat, et se vérifient dans le compromis comme dans la promesse de vente.
La loi fixe un plancher d'un mois à compter de la signature du compromis, ou de son enregistrement lorsque cette formalité est requise. Mais ce délai est irréaliste au regard des délais bancaires, c’est pourquoi les compromis prévoient presque toujours 45 à 60 jours. C'est un point à négocier avant de signer. La prolongation est possible, mais jamais automatique : elle suppose un avenant signé par les deux parties.
Exemple de calendrier réaliste, pour un compromis signé le 2 mars avec une condition de 60 jours :
Dans cet exemple, l'acheteur accepte son offre le jour même de l'expiration. Une offre reçue une semaine plus tard l'aurait mis hors délai malgré un accord bancaire obtenu.
L'obtention tardive du prêt est le piège le plus coûteux. Si vous obtenez votre financement après l'expiration du délai prévu au compromis, le vendeur n'est pas tenu de signer l'acte de vente. La Cour de cassation l'a jugé en 2021 : passé le délai, la vente peut être caduque même si votre banque a finalement dit oui. Dès que l'échéance approche sans réponse ferme, demandez un avenant par écrit.
Si la condition n'est pas réalisée, le compromis est caduc et réputé n'avoir jamais existé. Trois conséquences en découlent.
L'article L313-41 prévoit que toute somme versée d'avance est immédiatement et intégralement remboursable, sans retenue ni indemnité à quelque titre que ce soit. Cela couvre le dépôt de garantie et l'indemnité d'immobilisation, et interdit toute déduction pour frais de dossier ou d'agence. À compter du quinzième jour suivant votre demande de remboursement, les sommes non restituées produisent des intérêts au taux légal majoré de moitié.
La clause pénale du compromis ne s'applique pas.
Le vendeur retrouve sa liberté, vous n'avez plus aucune obligation. Encore faut-il que le refus soit exploitable. Il doit porter sur un prêt conforme aux caractéristiques décrites au compromis : un refus obtenu sur un montant supérieur ou une durée différente ne fait pas jouer la clause. Demander un financement à un taux inférieur au plafond indiqué reste en revanche conforme, la jurisprudence l'a tranché.
Le refus doit également être écrit et daté. Réclamez une attestation de refus de prêt à chaque banque sollicitée, identifiant le dossier et les caractéristiques du financement demandé. Une réponse orale ou une simulation défavorable ne suffisent pas. Transmettez au vendeur, par lettre recommandée, une copie de votre demande de prêt et de la lettre de refus, en respectant les modalités de notification prévues au compromis.
L'article 1304-3 du Code civil prévoit qu'une condition est réputée accomplie si celui qui avait intérêt à son échec en a empêché la réalisation. Appliqué au crédit immobilier, l'acheteur qui saborde sa demande de prêt est traité comme s'il l'avait obtenu. Il doit donc acheter, ou perdre son dépôt de garantie et payer la clause pénale.
Quatre comportements font tomber la protection :
La Cour de cassation a jugé dès 2015 qu'un acheteur n'ayant pas déposé de demande conforme aux caractéristiques définies dans la promesse ne peut pas se prévaloir de la condition suspensive. Les décisions rendues depuis vont dans le même sens.
En pratique : déposez une demande auprès d'au moins deux établissements, conformément au montant, à la durée et au taux plafond du compromis. Conservez accusés de dépôt, échanges et lettres de refus. En cas de contestation, c'est à vous de prouver le sérieux de vos démarches. Le vendeur, de son côté, peut réclamer ces justificatifs.
Obtenir un accord ne suffit pas. Il faut savoir lequel, et à partir de quand :
Transmettez l'offre de prêt au notaire ou au vendeur dès son obtention. À partir de la levée de la condition, votre engagement devient irrévocable. La signature de l'acte authentique intervient ensuite sous trois semaines à un mois, avec le paiement des frais de notaire correspondants.
Bon à savoir : vous pouvez aussi renoncer à la condition avant son terme. Elle est stipulée dans votre intérêt exclusif. Cette renonciation rend votre engagement définitif.
C'est possible si vous n'avez pas recours au crédit, mais le formalisme est strict. L'article L313-42 du Code de la consommation impose une mention manuscrite dans l'avant-contrat, par laquelle vous reconnaissez savoir que si vous recourez finalement à un prêt, vous ne bénéficierez pas des protections du code de la Consommation.
Renoncer à la condition rend une offre nettement plus solide dans un marché tendu. En contrepartie, si le financement ne se boucle pas, vous êtes engagé à acheter sans disposer des fonds, et vous perdez le dépôt de garantie, généralement 5 à 10 % du prix, en plus de vous exposer à la clause pénale.
Le vendeur subit la condition suspensive de prêt sans pouvoir s'y opposer, mais il n'est pas démuni pour autant.
La condition de prêt est une clause imposée par la loi, mais un compromis en contient toujours plusieurs.
La dernière est mal vue des vendeurs, car elle fait dépendre la transaction d'une opération qu'ils ne maîtrisent pas et dont le délai est incertain, comme le montre notre article sur le temps nécessaire pour vendre un appartement. Un prêt relais est souvent mieux accepté.
La condition suspensive de prêt constitue une protection essentielle lorsqu’un achat immobilier dépend de l’obtention d’un financement. Pour en bénéficier pleinement, l’acheteur doit toutefois respecter les caractéristiques du crédit prévues dans le compromis, déposer ses demandes dans les délais et conserver les justificatifs de ses démarches.
De la rédaction de l’offre d’achat jusqu’à la signature de l’acte authentique, chaque étape d’une transaction immobilière engage des décisions importantes. Avec Manda, bénéficiez d’un accompagnement professionnel pour sécuriser votre projet immobilier.
C'est la clause qui rend le compromis de vente caduc si l'acheteur n'obtient pas son crédit immobilier. Prévue par l'article L313-41 du Code de la consommation, elle s'applique dès que le compromis indique que le prix sera payé, même partiellement, à l'aide d'un prêt immobilier.
Un mois minimum à compter de la signature du compromis, ou de son enregistrement lorsque cette formalité s'impose. En pratique, les compromis prévoient 45 à 60 jours, ce qui correspond mieux aux délais réels d'instruction bancaire.
Non, dès lors que le prix est financé même en partie par un prêt immobilier. La condition est imposée par la loi et sa protection est d'ordre public : elle joue même si la clause ne figure pas dans le compromis.
Oui, intégralement et immédiatement, sans retenue ni indemnité. À condition que le refus porte sur un prêt conforme aux caractéristiques du compromis et que l'acheteur ait fait des démarches sérieuses.
La loi n'en fixe pas de nombre. Un seul refus écrit portant sur un prêt conforme peut suffire, mais deux demandes auprès d'établissements distincts protègent nettement mieux en cas de contestation.
Oui. Si l'acheteur n'a déposé aucune demande, a présenté un dossier volontairement défaillant, a demandé un prêt non conforme ou a refusé une offre conforme, l'article 1304-3 du Code civil permet de considérer la condition comme accomplie. Le vendeur conserve alors le dépôt et peut réclamer la clause pénale.
Non. L'accord de principe est un avis favorable donné avant l'étude complète du dossier et n'engage pas la banque. Seule l'offre de prêt écrite vaut obtention du financement.
À partir du onzième jour suivant sa réception. L'article L313-34 du Code de la consommation impose dix jours calendaires de réflexion, à compter du lendemain de la réception. Ce délai est incompressible et un envoi anticipé peut entraîner la nullité du prêt. L'offre reste valable trente jours.
Le vendeur n'est pas tenu de signer l'acte de vente. La Cour de cassation a jugé qu'un financement obtenu au-delà du délai contractuel n'oblige pas le vendeur à poursuivre la vente, même si l'acheteur dispose finalement des fonds.
Oui, si l'acheteur n'a pas recours au crédit. Il doit alors porter dans l'avant-contrat une mention manuscrite prévue par l'article L313-42 du Code de la consommation, reconnaissant qu'en cas de recours à un prêt il perdra les protections légales.
Oui. Le contrat de réservation indique le recours à un prêt et le délai pour l'obtenir, ce qui constitue une condition suspensive. En cas de refus, la réservation prend fin et le dépôt est restitué sans retenue.
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