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En résumé
Avant de lancer un projet de surélévation d’immeuble, trois études sont indispensables :
La surélévation d'un immeuble en copropriété consiste à créer un ou plusieurs niveaux supplémentaires sur un bâtiment existant. Longtemps réservée à quelques opérations immobilières d'envergure, elle s'impose aujourd'hui comme une solution permettant à la fois de créer de nouveaux logements, de valoriser le patrimoine des copropriétaires et de financer des travaux de rénovation énergétique.

Une surélévation d’immeuble ne s'improvise pas ! Le projet suppose de respecter un cadre juridique précis, d'obtenir les majorités requises en assemblée générale et de vérifier la faisabilité technique et urbanistique de l'opération.
La loi du 10/07/1965 ne donne pas une définition détaillée de la surélévation. Celle-ci résulte principalement de la jurisprudence. Pour qu'une opération soit juridiquement qualifiée de surélévation, quatre conditions sont généralement retenues :
Ces critères permettent de distinguer la surélévation d'une simple rénovation de toiture ou d'un aménagement intérieur. En copropriété, la surélévation concerne des parties communes puisqu'elle mobilise le toit de l'immeuble. Le droit de construire appartient donc, par principe, au syndicat des copropriétaires, sauf disposition contraire du règlement de copropriété.
À retenir : la création d'un nouvel étage constitue une opération immobilière à part entière. Elle modifie la consistance de l'immeuble, son état descriptif de division et la répartition des tantièmes.
Les deux opérations ont des implications très différentes.
L'aménagement de combles consiste à rendre habitable un volume situé sous la toiture lorsqu'il existe déjà. À l'inverse, la surélévation augmente la hauteur de l'immeuble et crée de nouvelles surfaces.
La question de la propriété des droits à construire constitue souvent le premier point de blocage d'un projet. Dans la majorité des copropriétés, ces droits appartiennent au syndicat des copropriétaires.
L'art. 3 de la loi du 10/07/1965 considère notamment la toiture comme une partie commune, sauf stipulation contraire du règlement de copropriété. En conséquence, le droit de surélever appartient en principe au syndicat des copropriétaires. Aucun copropriétaire ne peut donc décider seul de créer un étage supplémentaire.
Le projet doit être soumis à l'assemblée générale selon les règles de majorité applicables.
⇨ Découvrez en détail le rôle du syndic de copropriété et du conseil syndical.
Certaines copropriétés prévoient une organisation différente. Le règlement de copropriété peut en effet attribuer expressément au propriétaire du dernier étage un droit privatif de surélévation. Cette clause est relativement rare mais parfaitement valable lorsqu'elle figure dans les documents constitutifs de la copropriété.
Dans cette hypothèse, le copropriétaire peut engager le projet sous réserve :
Bon à savoir : même lorsqu'il bénéficie de ce droit particulier, le propriétaire doit généralement obtenir certaines autorisations collectives dès lors que les travaux affectent les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble.
Dans la pratique, de nombreuses copropriétés choisissent de ne pas réaliser elles-mêmes la surélévation. Elles cèdent leurs droits à construire à un promoteur immobilier qui prend en charge les études techniques, les démarches administratives, le financement de l'opération et la construction des nouveaux logements.
En contrepartie, la copropriété perçoit une rémunération qui peut prendre différentes formes :
Cette solution limite l'investissement financier des copropriétaires tout en permettant d'améliorer durablement l'immeuble. Elle présente un intérêt particulier pour les copropriétés confrontées à d'importants besoins de rénovation énergétique. Les fonds issus de la cession des droits à construire peuvent contribuer au financement de travaux coûteux comme une isolation thermique par l'extérieur, le remplacement des menuiseries collectives ou la rénovation de la toiture.
À retenir : une copropriété n'a pas nécessairement à financer elle-même une surélévation. Dans certains projets, un promoteur acquiert les droits à construire et prend en charge une partie des travaux de rénovation énergétique. Ce mécanisme permet de réduire fortement le montant des appels de fonds pour les copropriétaires.
La surélévation d'un immeuble constitue une décision importante qui modifie la consistance de la copropriété et crée de nouveaux lots. Elle ne peut donc être décidée qu'après un vote de l'assemblée générale selon les règles prévues par la loi du 10/07/1965. Le régime applicable dépend principalement de la nature du projet et, dans certains cas, de la localisation de l'immeuble.
En principe, la décision de surélever un immeuble relève de la double majorité de l'article 26 de la loi du 10/07/1965. Cette majorité impose de réunir simultanément :
Il s'agit de l'une des majorités les plus exigeantes en copropriété, car la surélévation d’immeuble entraîne généralement :
Depuis la loi ELAN, un mécanisme de simplification permet d'éviter qu'un projet largement soutenu soit rejeté pour quelques voix manquantes. Lorsque la résolution n'obtient pas la double majorité de l'article 26 mais atteint un seuil intermédiaire prévu par la loi, l'assemblée générale peut procéder immédiatement à un second vote selon les règles plus souples de l'article 25-1.
Cette passerelle permet de débloquer certains projets lorsque la majorité des copropriétaires est favorable, sans devoir convoquer une nouvelle assemblée générale plusieurs mois plus tard.
Le législateur a prévu un régime dérogatoire afin de favoriser la densification urbaine. Lorsque l'immeuble est situé dans une commune soumise au droit de préemption urbain (DPU), certaines opérations de surélévation peuvent être autorisées à la majorité absolue de l'article 25, qui correspond à la majorité des voix de tous les copropriétaires.
Cette dérogation vise à encourager la création de logements dans les secteurs où la pression foncière est particulièrement forte, tout en limitant les difficultés de vote rencontrées dans certaines copropriétés. En pratique, le syndic ou le notaire chargé du projet vérifie si l'immeuble bénéficie effectivement de ce régime particulier.
Pour aller plus loin, découvrez toutes les règles sur les majorités en copropriété.
Tous les immeubles ne peuvent pas accueillir un ou plusieurs niveaux supplémentaires.
La première étape consiste à consulter le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune. Ce document fixe notamment :
L'objectif est de déterminer si la parcelle dispose encore de droits à construire résiduels.
Même si le PLU autorise une surélévation, encore faut-il que le bâtiment puisse supporter les nouvelles charges. Cette analyse est confiée à un bureau d'études structure, parfois assisté d'un géotechnicien ou d'un architecte.
L'étude porte notamment sur les fondations, les murs porteurs, les planchers et les possibilités de renforcement de la structure.
Selon la taille de l'immeuble et la complexité du projet, une étude de faisabilité coûte généralement entre 3 000 € et 10 000 €. Pour les copropriétés importantes ou les bâtiments anciens, ce montant peut être supérieur.
Au-delà des questions techniques, certaines règles d'urbanisme peuvent fortement limiter la surélévation.
Le projet peut notamment être soumis à l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) lorsque l'immeuble se situe dans le périmètre d'un monument historique, dans un site patrimonial remarquable ou dans un secteur protégé.
L'ABF peut imposer :
Certaines servitudes (aéronautiques, paysagères ou environnementales) peuvent également limiter les possibilités de construction.
Le coût d'une surélévation d’immeuble dépend de nombreux paramètres : localisation, matériaux retenus, technique constructive, accessibilité du chantier ou encore importance des renforcements structurels.
Les prix observés en 2026 varient sensiblement selon les territoires.
Ces montants comprennent principalement les travaux de gros œuvre et de second œuvre. Ils peuvent augmenter en présence de contraintes structurelles importantes, d'un chantier complexe ou de prescriptions architecturales spécifiques.
À lire aussi “Aide rénovation immeuble ancien : guide des subventions 2026”.
Trois modèles de financement sont principalement rencontrés.
Bon à savoir : dans les copropriétés confrontées à un important programme de rénovation énergétique, la cession des droits à construire constitue aujourd'hui l'une des solutions les plus intéressantes. Elle permet souvent de financer une partie des travaux sans augmenter fortement les appels de fonds.
Une surélévation d’immeuble nécessite plusieurs démarches successives, impliquant le syndic, les copropriétaires, le notaire, les bureaux d'études et les services d'urbanisme.
Tout commence par l'inscription d'une résolution à l'ordre du jour de l'assemblée générale. Cette demande peut être formulée par le conseil syndical, un ou plusieurs copropriétaires ou le syndic lui-même lorsqu'il accompagne la copropriété dans un projet de rénovation.
Le dossier présenté aux copropriétaires comprend généralement :
Comme pour d'autres travaux importants (installation d'un ascenseur, pompe à chaleur collective...), les copropriétaires doivent disposer d'une information suffisamment complète avant de voter.
Consultez aussi notre article pour comprendre les honoraires de syndic lors de travaux en copropriété.
L'une des principales innovations introduites par la loi ELAN est la possibilité de créer des lots transitoires. Prévu à l'art. 37-1 de la loi du 10/07/1965, ce mécanisme permet de créer juridiquement les futurs lots avant même la fin des travaux.
Ces lots existent donc dès la signature des actes, alors que les appartements ne sont pas encore construits. Ce dispositif facilite notamment la vente des futurs logements, mais aussi le financement du projet et les opérations menées avec un promoteur. Il simplifie également les modifications ultérieures du règlement de copropriété.
Une fois la surélévation de l’immeuble votée, plusieurs documents doivent être mis à jour. Le notaire procède notamment à la modification :
Dans la majorité des cas, une surélévation d’immeuble nécessite un permis de construire. Après son dépôt en mairie, l'administration instruit le dossier avant de délivrer l'autorisation, sous réserve du respect des règles d'urbanisme. Une fois le permis obtenu, celui-ci doit être affiché sur le terrain.
À compter du premier jour d'affichage régulier, les tiers disposent en principe d'un délai de deux mois pour exercer un recours.
La surélévation d'un immeuble en copropriété ne consiste pas seulement à créer de nouveaux logements. Elle peut devenir un véritable élément de valorisation patrimoniale et de financement des travaux de rénovation énergétique. Entre les règles de majorité, les études techniques, les autorisations d'urbanisme et les modifications du règlement de copropriété, ce type d'opération nécessite toutefois un accompagnement rigoureux.
En anticipant chaque étape et en s'entourant des bons interlocuteurs, une copropriété peut transformer son potentiel de construction en un investissement durable, au bénéfice de l'ensemble des copropriétaires.
Pour tout renseignement complémentaire, les experts de Manda, votre syndic de copropriété innovant, sont à votre écoute.
Oui, dans la grande majorité des cas. Une simple déclaration préalable n'est envisageable que pour certains projets de faible ampleur. La création d'un ou plusieurs logements supplémentaires nécessite généralement un permis de construire.
Pas à lui seul. La décision dépend de la majorité requise en assemblée générale. En revanche, si les conditions de majorité ne sont pas réunies, le projet est rejeté.
Il ne dispose pas d'un droit de veto. Par contre, il bénéficie d'un droit de priorité lorsque le droit de surélever est vendu.
Oui. La création de nouveaux lots entraîne une révision des tantièmes et peut modifier la répartition des charges communes entre l'ensemble des copropriétaires.
Oui, mais les contraintes sont beaucoup plus importantes. Le projet doit notamment respecter les prescriptions du PLU et, selon les cas, obtenir l'accord ou l'avis conforme de l'Architecte des Bâtiments de France.
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