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L'essentiel
Lorsqu'un locataire cesse de payer son loyer, le bailleur ne peut pas engager immédiatement une procédure d'expulsion. La loi impose plusieurs étapes, dont l'une des plus importantes est le commandement de payer. Cet acte, délivré exclusivement par un commissaire de justice, constitue le point de départ de la procédure prévue par la clause résolutoire du bail. Il ouvre un délai pendant lequel le locataire peut régulariser sa situation, solliciter des aides ou contester l'acte si celui-ci présente une irrégularité.
En 2026, les règles applicables dépendent notamment de la date de signature du bail. Depuis la loi du 27/07/ 2023, le délai laissé au locataire a été réduit pour les nouveaux contrats, tandis que les baux plus anciens continuent de bénéficier d'un régime différent confirmé par la Cour de cassation.

⇨ Pour découvrir en détail l'ensemble des étapes en cas d'impayé, consultez notre guide consacré à la procédure en cas de loyer impayé.
Le commandement de payer est souvent présenté comme la première véritable étape d'une procédure d'expulsion. Pourtant, il ne met pas immédiatement fin au bail et ne signifie pas que le locataire devra quitter son logement sans délai. Son objectif est avant tout de donner au locataire une dernière possibilité de régulariser sa situation tout en protégeant les droits du bailleur.
Le commandement de payer est un acte de signification délivré par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice). Contrairement à une lettre de relance ou à une mise en demeure envoyée par courrier recommandé, il possède une véritable portée juridique. Sa signification fait courir le délai prévu par la clause résolutoire du bail, c'est-à-dire la clause permettant au bailleur de demander la résiliation automatique du contrat en cas d'impayés.
Le propriétaire ne peut donc pas :
Seul un commissaire de justice est habilité à délivrer cet acte. En pratique, le bailleur fait généralement appel à un commissaire de justice après plusieurs relances amiables restées sans effet.
Ces trois notions répondent à des objectifs différents.
⇨ Consultez notre guide pour approfondir le fonctionnement de la clause résolutoire.
Le contenu du commandement de payer est strictement encadré par la loi. L'oubli d'une seule mention obligatoire peut entraîner sa nullité.
Le commandement de payer doit notamment préciser :
Le commissaire de justice suit une procédure de signification prévue par le Code de procédure civile. Plusieurs situations peuvent se présenter :
Bon à savoir : même si le locataire refuse d'ouvrir sa porte ou ne retire jamais le document, le commandement peut rester parfaitement valable dès lors que les formalités de signification ont été respectées. Autrement dit, il n'est pas possible d'échapper à la procédure en évitant simplement de recevoir le commissaire de justice.
La durée laissée au locataire pour régulariser dépend désormais de la date de signature du bail. Cette distinction est essentielle, car deux régimes juridiques coexistent encore en 2026.
Depuis l'entrée en vigueur de la loi du 27/07/2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite (souvent appelée loi anti-squat), le délai prévu par la clause résolutoire a été réduit.
Pour les baux conclus à partir du 29 juillet 2023, le locataire dispose de 6 semaines à compter de la signification du commandement de payer pour régulariser sa dette.
Durant cette période, plusieurs solutions restent possibles :
Les contrats plus anciens ne sont pas soumis à cette réduction de délai. Dans un avis rendu le 13 juin 2024 (n° 24-70.002), la Cour de cassation a confirmé que les baux conclus avant le 29 juillet 2023 continuent de relever du délai de 2 mois prévu par leur régime juridique.
Cette précision est importante, car de nombreux bailleurs pensaient que le nouveau délai de 6 semaines s'appliquait automatiquement à tous les contrats. Il convient donc de vérifier la date de signature du bail avant d'engager une procédure.
Le paiement effectué dans le délai peut mettre fin à la procédure, mais tout dépend de son montant.
Lorsque le locataire règle l'intégralité des sommes réclamées dans le délai légal, la clause résolutoire est neutralisée. Le bail continue alors normalement et le bailleur ne peut plus demander sa résiliation sur la base de ce commandement. En revanche, un paiement partiel ne suffit généralement pas à empêcher l'acquisition de la clause résolutoire.
Il est donc indispensable de conserver tous les justificatifs de paiement (virements, reçus, relevés bancaires), qui pourront être produits en justice si nécessaire.
Si le locataire ne règle pas sa dette dans le délai applicable et qu'aucun accord n'intervient, la clause résolutoire est réputée acquise. Pour autant, le bail n'est pas automatiquement résilié et le locataire n'est pas expulsé du jour au lendemain.
Le bailleur doit encore saisir le juge des contentieux de la protection, qui vérifiera notamment :
Ce n'est qu'après une décision judiciaire, puis le respect des étapes d'exécution prévues par la loi, qu'une expulsion pourra éventuellement être engagée. La suite de la procédure est détaillée dans notre guide consacré à l'expulsion d'un locataire pour loyers impayés.
Recevoir un commandement de payer ne signifie pas qu'une expulsion est imminente. Cet acte ouvre un délai pendant lequel le locataire peut encore agir pour régulariser sa situation ou contester la procédure si elle comporte une irrégularité.
La première étape consiste à examiner le commandement de payer. Le locataire doit notamment vérifier :
Il est également indispensable de contrôler la présence de toutes les mentions obligatoires.
Une erreur de calcul, une dette prescrite ou une mention obligatoire oubliée peuvent justifier une contestation devant le juge. En cas de doute, il est conseillé de demander rapidement l'avis d'un professionnel du droit ou d'une association spécialisée dans l'accompagnement des locataires.
La solution la plus efficace reste le paiement intégral de la dette dans le délai prévu par le commandement. Lorsque toutes les sommes réclamées sont réglées dans les temps, la clause résolutoire ne produit plus ses effets et le bail se poursuit normalement.
Pour éviter toute contestation ultérieure, il est recommandé de privilégier un paiement traçable (virement bancaire, chèque), de conserver les justificatifs de paiement et d’informer le bailleur ou son représentant de la régularisation.
En revanche, un règlement effectué après l'expiration du délai ne met pas automatiquement fin à la procédure. Le juge appréciera alors la situation en fonction des circonstances, de la bonne foi du locataire et de ses capacités de remboursement.
Lorsque la dette ne peut pas être réglée immédiatement, plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés.
Le fonds de solidarité pour le logement (FSL) peut accorder une aide financière afin de régler tout ou partie des loyers impayés, sous conditions de ressources.
La commission de coordination des actions de prévention des expulsions (CCAPEX) intervient également pour coordonner les actions destinées à prévenir les expulsions et orienter les ménages vers les dispositifs adaptés.
Selon la situation, d'autres solutions peuvent être envisagées :
Lorsqu'une irrégularité dans un commandement de payer est constatée, le locataire peut demander au juge d'en prononcer la nullité.
Plusieurs situations peuvent entraîner l'annulation d'un commandement de payer :
La nullité n'est toutefois jamais automatique. C'est au juge des contentieux de la protection d'apprécier si l'irrégularité est suffisamment importante pour justifier l'annulation de la procédure.
La contestation s'effectue devant le juge des contentieux de la protection, généralement dans le cadre de la procédure engagée par le bailleur.
Le locataire peut notamment invoquer :
Bon à savoir : une contestation ne suspend pas automatiquement l'obligation de payer les loyers courants. Même si le commandement est contesté, le locataire doit continuer à régler les loyers qui deviennent exigibles afin d'éviter que la dette ne continue de s'aggraver.
Le coût d'un commandement de payer est relativement limité au regard de l'ensemble d'une procédure d'impayés.
Le coût dépend principalement des tarifs réglementés applicables aux commissaires de justice, ainsi que des éventuels frais annexes.
À titre indicatif, il faut généralement prévoir :
Ces frais sont avancés par le bailleur. En revanche, si le juge condamne le locataire, tout ou partie de ces dépenses pourra être mis à sa charge selon les circonstances du dossier.
Pour connaître plus précisément les frais susceptibles d'être engagés au cours d'une procédure de recouvrement, consultez notre guide sur les frais d'huissier en cas de loyer impayé.
Par ailleurs, lorsque les impayés persistent malgré une décision de justice, le bailleur peut également engager d'autres mesures d'exécution, comme une saisie sur salaire lorsque les conditions légales sont réunies. Nous détaillons cette procédure dans notre article consacré au prélèvement sur salaire en cas de loyer impayé.
Un commandement de payer constitue souvent l'aboutissement de plusieurs semaines, voire plusieurs mois d'impayés. Pourtant, de nombreuses situations peuvent être anticipées. Chez Manda, nos équipes accompagnent les propriétaires à chaque étape de leur gestion locative, de la sélection des locataires à la gestion des impayés, en passant par la mise en œuvre des procédures lorsque cela devient nécessaire.
Pour renforcer encore votre protection, découvrez également notre guide consacré à la Garantie Loyers Impayés (GLI), ainsi que notre article sur la caution solidaire, qui explique dans quels cas cette garantie peut compléter ou remplacer une GLI.
Non. Le commandement de payer est un acte réservé au commissaire de justice. Un propriétaire ne peut ni le rédiger ni utiliser un modèle gratuit pour engager cette procédure.
Non. Il ouvre uniquement un délai permettant au locataire de régulariser sa situation. Une décision du juge est ensuite indispensable avant qu'une expulsion puisse être prononcée.
Les deux délais coexistent. Les baux conclus à compter du 29 juillet 2023 sont soumis à un délai de 6 semaines. Les baux signés avant cette date restent soumis au délai de 2 mois, conformément à l'avis de la Cour de cassation du 13 juin 2024.
Le commandement doit être suivi, dans un délai raisonnable, d'une assignation devant le juge. En pratique, au-delà de deux ans sans action, son effet disparaît en raison des règles de prescription applicables aux actions locatives.
Il s'agit d'un acte totalement différent. Délivré après qu'un bailleur a obtenu un titre exécutoire, il laisse au débiteur 8 jours pour régler sa dette avant qu'une saisie de ses biens meubles puisse être engagée.

